Chroniques, Folk Ambient, Revival Dungeon Synth

Fief – IV

Pays : États-Unis
Genre : Folk Ambient
Label : Indépendant
Date de sortie : 20 Novembre 2018

Il est enfin là ! Le tant attendu quatrième album de Fief, illustre projet originaire de Salt Lake City, voit enfin le jour, alors que tout le monde commençait un peu à s’impatienter, plus d’un an après la sortie de III. Avec un style enchanteur dont il a le secret, le projet américain n’a aucun mal à faire naître beaucoup d’enthousiasme au sein de la communauté dungeon synth, et ce à juste titre. IV sort donc ce jour et promet un très joli voyage à ses auditeurs. Après tout, Fief ne déçoit jamais. Jamais ? Vraiment ?

Depuis son premier album, sorti en août 2016, Fief est une référence incontournable en matière de revival dungeon synth. Une science de la composition absolument magique et des mélodies d’une telle beauté qu’elles restent en tête un très long moment, laissant l’auditeur comblé par la musique dont il vient de s’imprégner. Fief, c’est tout à fait cela. Aussi, voilà pourquoi ses albums sont parmi les plus attendus chaque année, sinon les plus attendus. Autant le dire de suite, IV est un album débordant de beauté et de charme. Fief reste Fief. Cependant, cet album confirme le léger virage musical pris par le projet depuis la sortie de III.

D’aucuns considèrent Fief comme un projet de dungeon synth au sens strict. J’aime à penser que le projet le fut avec ses deux premiers albums, moins avec le troisième, mais admettons. En revanche, avec la sortie de IV, Fief confirme s’éloigner de plus en plus du dungeon synth pour se concentrer sur le folk ambient. Où est le problème me direz-vous, tant que la qualité est au rendez-vous ? Certes, la musique de Fief est toujours aussi envoûtante, mais il est quand même sacrément dommage de le voir se concentrer sur un folk ambient, certes réussi, mais qui a perdu une bonne partie de son côté enchanteur et dépaysant.

Sur IV, on constate que les quelques sonorités un peu plus enveloppantes, qui s’étaient déjà raréfiées sur le troisième album, ont complètement disparu, alors que ce sont justement elles qui faisaient des deux premiers albums des références absolues. À la place de cela, nous avons ici un mélange de sonorités très lumineuses à la flûte, à la guitare, voire au clavecin et au dulcimer. Tout cela est fort bien, mais où sont passés les cornes et les bassons ? Si ça n’était que ça, IV ne serait pas décevant pour un sou, ou si peu. Néanmoins, Fief donne l’impression sur cet album d’avoir un peu recyclé certains de ses anciens titres. Et ça, naturellement, c’est un peu plus dérangeant.

Si l’on considère les trois premiers albums de Fief en même temps, chacun est sensiblement différent des autres en matière de diversité mélodique et rythmique, si toutefois le terme tient la route. Ça n’est pas le cas sur IV, dont plusieurs titres ressemblent étrangement, et parfois un peu trop, à ce qu’a composé Fief par le passé. Bien qu’utilisé au préalable dans cette chronique, le terme recyclage est un peu fort, mais des titres comme « The Daydreaming Sentry » ou « Faire » reprennent des gimmicks mélodiques et des rythmes bien connus des adeptes du projet. Attendre un an pour avoir un album finalement assez peu original ou inédit, venant de Fief, c’est tout de même assez surprenant.

De fait, si l’on rassemble les deux reproches faits à cet album, à savoir le changement stylistique et le manque de variété quant au passé du projet, on arrive à un résultat assez moyen. IV ne semble pas peser très lourd sur la balance et il manque surtout d’une consistance qui n’a pourtant jamais fait défaut au projet par le passé. En termes de quantité, on reste dans quelque chose de tout à fait acceptable, mais les titres manquent parfois cruellement de personnalité les uns vis-à-vis des autres, ce qui fait un petit peu tâche de la part d’un tel artiste.

Fief est un projet exceptionnel, et son quatrième album est évidemment une perle musicale. Néanmoins, on était en droit d’en attendre un peu plus après trois albums aussi splendides. Rien de sérieux et rien qui remet en cause le talent et l’importance du projet pour la scène, si ce n’est que Fief a définitivement rompu avec le dungeon synth, de manière assumée qui plus est. L’album fera malgré tout le bonheur des amoureux de folk ambient, au détriment de ceux qui avaient aimé les deux premiers albums pour leurs aspects dungeon synth bien plus présents. Le talent reste au rendez-vous, mais il est dommage que l’artiste ne l’utilise plus pour façonner la magie dont il avait le secret.

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